Comprendre le Bbio

Bbio

Qu'est-ce que le Bbio ?

L’indicateur Bbio ou Besoin bioclimatique exprime la capacité d’une construction à utiliser le moins d’énergie possible pour assurer voire augmenter le confort de vie de ses occupants.

Unique en Europe, il représente l’une des deux avancées majeures de la RT 2012 par rapport à la RT 2005

Exprimé en points, il prend en compte un certain nombre d’éléments de l’enveloppe et de l’environnement dont le minimum obligatoire se concrétise par le besoin bioclimatique maximal ou Bbiomax.

Si le Bbiomax représente bien un nombre de points maximal à ne pas dépasser, il représente cependant un niveau minimal d’exigence conceptuelle. De manière schématique, plus le Bbio du projet sera proche du Bbiomax, moins le bâtiment sera performant. Peut-être verrons-nous un jour le Bbio pris comme référence pour fixer la classe énergie des DPE ?

A titre d’exemple, sur un projet récent, le Bbiomax est de 84 points, celui calculé à partir des données du projet est de 143 points : le permis ne peut pas être accordé. Le projet correspondait bien aux « envies » du futur propriétaire, mais nullement aux caractéristiques minimales que la loi impose.

Entre investissement et fonctionnement, ce bâtiment serait inintéressant, plus coûteux que si le Bbio était conforme.

Il faut noter cependant que le coût de réalisation du projet et le coût d’utilisation du bâtiment resteraient plus élevés pour un Bbio conforme de 84 points que pour un Bbio plus faible obtenu par un travail d’ingénieur thermicien aidant à la conception du bâtiment.

A quoi sert le Bbio ?

Dans une étude thermique réglementaire, sa conformité égale ou inférieure à Bbiomax valide le respect du minimum que la réglementation impose pour obtenir un permis de construire.

Dans une étude thermique Haute Performance, l’obtention du niveau égal ou inférieur au Bbiomax (garantie d’obtention du permis quant à la conformité thermique minimale du projet) marque le début d’un travail de recherche permettant de réaliser un bâtiment dont le coût de construction est maîtrisé et le coût de fonctionnement réduit :

Savez-vous que la consommation de chauffage d'une construction peut être diminuée DE PLUS DE MOITIE par le travail sur le Bbio ? Et que la consommation du poste rafraîchissement peut être supprimée ?

Le Bbio de l'étude thermique réglementaire en fin de construction peut-il être différent du Bbio calculé isolément pour le dépôt du permis de construire ?

Oui. Le calcul du Bbio simplifié avant construction ne prend pas en compte les données liées à des choix décidés ultérieurement. Ces choix peuvent impacter le résultat en dégradation comme en amélioration. Le bâtiment construit peut ainsi ne plus être réglementaire alors que le permis a été accordé.

Il est ainsi indispensable de réaliser au moins l'étude thermique réglementaire (après avoir arrêté l'ensemble des choix enveloppe et systèmes) AVANT de débuter la construction.

Construire selon les données du Bbio le plus faible pouvant être obtenu est-ce forcément la meilleure solution ?

La réponse est non, le Bbio le plus petit pouvant résulter de choix devenant trop onéreux.

L'idéal correspond au Bbio (couplé à la Cep) où le surcoût de réalisation d'enveloppe peut être compensé par une minoration de coût système.

Que signifie étude thermique réglementaire ?

Tout d'abord qu'un texte publié au Journal Officiel de la République Française oblige à en réaliser une, en conformité avec les données de la loi, lors d'une construction neuve.

Son intérêt est de garantir vis-à-vis de la collectivité nationale que votre construction ne dépassera pas un certain niveau de consommation d'énergie pendant son utilisation, permettant à l'Etat d'afficher le respect des engagements pris lors de réunions internationales.

Son résultat doit être disponible à la fin de la construction, pour confirmer que ce qui a été réalisé respecte bien les conditions imposées par la loi.

Que se passe-t-il si le calcul effectué en fin de construction révèle une non-conformité ? La tendance naturelle sera aux « arrangements », telle la minoration des ponts thermiques par exemple, jusqu'à l'apparence du respect de la loi.

Ces « arrangements », au détriment de qui ? De celui qui construit, qui assumera sur ses factures immédiates d'investissement et éternellement de consommation le surcoût ainsi généré. Grâce aux économies de quelques centaines d'euros au départ il aura la « satisfaction » d'une dépense supplémentaire qui se chiffrera en milliers voire dizaines de milliers d'euros au fil du temps.

Et l’étude thermique Haute Performance ?

D'abord il faut comprendre que ce type d'étude n'a aucun caractère d'obligation.

Son intérêt est d'orienter la conception du projet vers le meilleur équilibre entre confort, performance énergétique, coût d'investissement, coût de fonctionnement, ce qui n'est pas la fonction de l'étude thermique réglementaire.

Son coût, nettement plus élevé que celui de l'étude réglementaire, peut-il s'amortir ? Son coût ne fait pas que s'amortir, il se compense plus que largement par les bénéfices en découlant : il est générateur de profit.

Peut-on faire effectuer une étude thermique Haute Performance par tout bureau d’études thermiques ? La réponse est clairement non, l'absence de prérequis pour ouvrir un bureau d'études thermiques n'imposant nulle compétence particulière. Seul un ingénieur thermicien, diplômé, et désireux de s'engager dans un travail minutieux et chronophage, est susceptible d'apporter une réponse pertinente aux objectifs définis.

Quelle relation avec l'architecte ou le constructeur ? La réponse est variable, selon l'intérêt que ceux-ci peuvent porter à une évolution de leur pratique ou au contraire si la tradition est le guide de leur action.

L’étude thermique Haute Performance doit-elle se compléter d’une étude réglementaire ? Bien entendu non, faire nettement mieux que le minimum obligatoire implique que le minimum est naturellement respecté.

Le Bbio peut-il avoir un intérêt en rénovation ?

Réponse à priori : non, puisque la RT 2012 ne s'applique pas à la rénovation

Réponse moins spontanée : peut-être ; une réflexion est en cours parmi nos thermiciennes et la réponse pourrait bien surprendre


Cep

Qu'est-ce que la Cep ?

Cep = consommation conventionnelle d'énergie liée à 5 usages définis, exprimée en énergie primaire

Les 5 usages retenus : chauffage – rafraîchissement – éclairage – eau chaude sanitaire – auxiliaires (consommation des pompes de circulation des fluides air et eau)

Energie primaire : énergie disponible dans la nature avant transformation

L'énergie primaire est identique à l'énergie finale disponible pour notre consommation à l'exception de l'énergie électrique où un kWh d'énergie finale correspond à 2,58 kWh d'énergie primaire.

L'apparence pénalisante de ce facteur de 2,58 pour l'électricité est en fait un formidable levier pour améliorer la performance thermique de nos constructions.

La Cep maximale (Cepmax) admise par la RT 2012 dépend de divers facteurs tels la localisation géographique de la construction, son altitude, ainsi que de l'usage du bâtiment.

La Cep du calcul réglementaire est-elle le reflet de la consommation réelle ?

Non, les usages domestiques (électroménager, bureautique …. ) ne sont pas pris en compte dans le calcul.

La consommation réelle des 5 usages peut également différer légèrement de la consommation calculée, en particulier en fonction du comportement des usagers.

De quoi dépend la Cep d'un projet ?
  • Essentiellement des choix de matériaux et des systèmes retenus par le concepteur
  • De la perméabilité à l'air de l'enveloppe
  • Du type d'énergie utilisée

Bbio, Cep :
Optimisation énergétique – optimisation économique

Qu'est-ce que l'optimisation énergétique ?

La recherche de la moindre consommation durant la vie du bâtiment par un travail simultané sur le Bbio et la Cep

Qu'est-ce que l'optimisation économique ?
  • La recherche du plus faible investissement compatible avec un haut niveau de performance thermique
  • La maîtrise des coûts d'usage, d'entretien, de rénovation
  • Sans modifier voire dénaturer le projet ni en esthétique, ni en fonctionnalité, ni en confort, ni en durée de vie
Comment relier les indicateurs réglementaires Bbio et Cep et l'optimisation économique ?

En multipliant les scénarios de choix de matériaux selon leur coût fourni - posé

Puis en confrontant les résultats obtenus avec le niveau de performance thermique calculée à partir des deux indicateurs Bbio et Cep

L'optimisation énergétique et économique est-elle compatible avec un bâtiment sain, agréable à vivre, durable ?

Avec totale certitude, la réponse est oui.

Ce n'est pas une simple compatibilité mais elle en est la garante.